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C’est un sujet hautement inflammable, propice aux caricatures : les viandards inconscients d’un côté, de l’autre les bobos végan déconnectés de la réalité. C’est un sujet qui crispe le monde de l’élevage, et on peut le comprendre. En l’état des conditions de marché, produire moins c’est être moins compétitif, perdre des parts de marché et importer plus. Un sujet tellement épidermique qu’on préfèrerait ne pas avoir à en parler.
Et pourtant, il le faut. Car la production de viande baisse déjà, avec son lot de souffrances sociales. Car la consommation, elle, ne baisse pas, et la France importe de plus en plus. Car le bilan environnemental de tout cela n’est pas clair et certainement pas satisfaisant. Ne pas en parler et laisser-faire serait délétère. Ce n’est pas une option. Les discussions sur l’agriculture et l’alimentation dans le cadre de la planification écologique, la future Loi d’orientation agricole ou encore la révision de la Stratégie national bas carbone seront dans les prochains mois autant d’occasions de discuter, avec tous les acteurs de la filière, de l’avenir de l’élevage. Et de faire sortir l’éléphant de la pièce.
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