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Mais au-delà de notre capacité à répondre aux crises, se donne-t-on les moyens d’anticiper en réduisant les vulnérabilités de la forêt ? L’étude que nous publions cette semaine en amont des débats budgétaires de la rentrée compare les besoins identifiés par les acteurs de la filière aux ressources financières et humaines disponibles pour y répondre. Il en ressort que, après des décennies de sous-investissement et grâce notamment au plan France 2030, les moyens financiers sont bien là pour investir dans le renouveau de la politique forestière.
Mais plusieurs points de vigilance doivent être entendus pour que ces sommes permettent effectivement d’avoir une forêt plus résiliente. Si l’on investit, par exemple, dans des plantations non adaptées au climat futur, alors les millions d’euros mobilisés disparaitront avec les forêts à l’occasion des prochains incendies ou de la prochaine épidémie de scolytes. Pour éviter cela, il faut notamment consacrer des moyens – et en particulier des moyens humains - à des actions souvent invisibles mais indispensables à une bonne gestion forestière.
Une forêt adaptée est aussi une forêt qui pourra jouer son rôle de puits de carbone, puits dont nous avons cruellement besoin pour atteindre la neutralité carbone. Encore faut-il, comme nous le rappelions dans de précédentes études, avoir des hypothèses réalistes sur ce puits de carbone, et s’assurer que le bois récolté dans nos forêts serve autant que possible à produire des matériaux avec une longue durée de vie. Le lancement par le gouvernement de travaux sur la planification écologique de la forêt et la révision de la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) de la France sont autant d’opportunités à ne pas manquer pour s’en assurer.
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