Ce cadre méthodologique sera scruté de près car, derrière chaque choix méthodologique il y a bien souvent un choix politique : analyser les dépenses néfastes à l’environnement ou ne regarder que celles qui y sont favorables par exemple n’est à l’évidence pas un simple choix technique.
Cette dynamique est une bonne nouvelle. Comme le résumait I4CE dans son rapport d’octobre sur les expériences de budget vert à travers le monde, les évaluations environnementales des budgets améliorent la transparence sur les dépenses publiques consacrées au climat ; et cette transparence est particulièrement bienvenue à l’heure où l’idée d’un traitement spécial des dépenses climat dans les règles budgétaires européennes fait son chemin. Elles permettent aussi, et surtout, d’améliorer la prise en compte du climat à travers l’ensemble des décisions et négociations budgétaires, notamment en impliquant plus fortement les ministères des finances.
Pour autant, si ces exercices d’évaluation sont utiles et nécessaires, que ce soit pour un Etat ou une collectivité locale, il faut garder en tête qu’ils ne sont qu’une pièce du puzzle. Comme le rappelait Morgane Nicol d’ I4CE dans un billet publié récemment, un budget vert nous dit quel est le degré de « verdeur » d’un budget, il ne nous dit pas à quoi devrait ressembler le budget d’un pays pour être cohérent avec son ambition climatique. Ce dont chaque pays a besoin, c’est d’une stratégie globale de financement de la lutte contre le changement climatique. Un outil technique comme le budget vert peut fournir des éléments à l’élaboration d’une telle stratégie et permettre de suivre sa mise en œuvre. Mais la décision d’élaborer une stratégie de financement pour le climat et les grandes orientations de cette stratégie – à commencer par la répartition entre financements publics et financements privés – relèvent de choix politiques.
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