La hausse des prix de l’énergie remet sur le devant de la scène les taxes sur l’énergie, comme elle avait en 2018 mis en lumière la taxe carbone. C’est évidemment le niveau de ces taxes qui fait à chaque fois débat : certains appellent à le baisser pour protéger le pouvoir d’achat et d’autres s’y refusent avec des arguments – notamment – écologiques. Pourtant, le débat ainsi posé est étroit. Que fait l’Etat des recettes additionnelles ? L’Etat ne se contente pas de prélever, il redistribue. Se concentrer sur le niveau de taxe, c’est regarder une seule face de la pièce.
Dans une ancienne étude consacrée aux taxes et marchés carbone à travers le monde, I4CE avait en effet montré l’importance des choix de redistribution pour ces « revenus du carbone ». Financement de la transition bas-carbone, baisse d’autres impôts, augmentation des dépenses sociales, désendettement… Les pays font des choix très différents comme vous le découvrirez dans cette newsletter et dans la dernière édition des Comptes Mondiaux du Carbone d’I4CE. Mais ces choix doivent être débattus, clarifiés et communiqués sous peine de devenir une pomme de discorde.
C’est aussi une leçon pour les candidats à l’élection présidentielle. Quel que soit l’avenir qu’ils réservent à la taxe carbone et plus généralement aux taxes énergétiques, ils doivent dès maintenant clarifier ce qu’ils comptent faire de leurs revenus et le dire. C’est un élément clé de leur futur « budget pour le climat» qu’I4CE les appelle à développer.
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