20 milliards d’euros d’argent public en plus pour gagner la bataille du climat : c’est ce que le nouveau Premier Ministre a annoncé lors de son discours de politique générale. Il faudra attendre la rentrée pour avoir les détails de ce plan de relance écologique, connaitre les mesures réglementaires et fiscales qui y seront associées, et ainsi pouvoir analyser dans quelle mesure il permettra à la France de rattraper son retard en matière de mobilité, de bâtiment ou de production d’énergies durables.
A ce stade, on peut néanmoins se féliciter que l’accent soit mis sur le soutien aux filières de la transition bas carbone. Car – c’est ce que vous pourrez découvrir grâce à la newsletter d’I4CE cette semaine et grâce à son « Energy Policy Tracker » – la priorité en France comme dans le reste du monde a pour l’instant été donnée à des secteurs fortement consommateurs d’énergies fossiles.
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Energy Policy Tracker
Les gouvernements du monde entier ont accordé depuis le début de la pandémie des aides publiques massives qui auront un impact sur le climat. Et ce n’est pas fini. Afin de vous aider à suivre en temps réel ces engagements financiers, un consortium international de 14 Think Tanks dont I4CE lance le site « Energy Policy Tracker ». Il couvre à l’heure actuelle les pays du G20 et suit les différents types de politiques : fiscales, monétaires, industrielles, etc.
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G20 : 151 Mds $ pour les énergies fossiles depuis le début de la crise
Selon le "Energy Policy Tracker", les engagements financiers des pays du G20 ont pour l’instant surtout favorisé la consommation et la production d’énergies fossiles à hauteur de 151 milliards $. Les aides adoptées en faveur des économies d’énergie, des énergies renouvelables ou encore du vélo atteignent 89 milliards $. Si l’Allemagne ou le Royaume-Uni ont dépensé plus pour les énergies propres que pour les énergies fossiles, c’est l’inverse en France ou en Australie.
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France : 18 Mds € pour les énergies fossiles depuis le début de la crise
Louise Kessler d’I4CE analyse dans ce billet les 18 milliards € d’aides adoptées en France en faveur de secteurs fortement consommateurs d’énergies fossiles, principalement sous forme de prêts garantis ou d’avances sur trésorerie.La France se démarque des autres pays du G20 en ayant conditionné une grande partie de ces aides à des réductions d’émissions, des conditions dont l’ambition fait débat. Seulement 3 milliards € d’aides ont pour l’instant été adoptées pour les secteurs clés de la transition énergétique, sous forme de subventions et d’investissements publics.
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Relance : comment financer l’action climat
Pour que la France rattrape son retard sur sa feuille de route climat, I4CE a estimé à 9 milliards € par an le besoin additionnel de financements publics favorables au climat. Un effort financier conséquent, qui doit s’inscrire dans la durée et même augmenter : d’ici quelques années, ce besoin additionnel fera plus que doubler. Comme les financements ne font pas tout, I4CE a adossé à ce plan de financement une liste de mesures réglementaires, fiscales et d’accompagnement tout aussi importantes.
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Il n’y aura pas de « relance verte » sans les collectivités
Le Premier Ministre a insisté dans son discours de politique générale sur le rôle décisif des collectivités territoriales pour la « reconquête économique », et en particulier pour la lutte contre les changements climatiques. L’occasion de relire le billet de Morgane Nicol d’I4CE, pour qui il est crucial de ne pas sous-estimer le rôle des collectivités pour la relance climat, et de s’assurer qu’elles auront les capacités d’investir et de concevoir rapidement de nouveaux projets à la hauteur de l’enjeu climatique.
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