En français ci-dessous
Entrenched inequality condemns the poor for generations
Due to the Covid pandemic and economic slowdown, an estimated 115 million additional people may have fallen into extreme poverty in 2020, and 35 million more may follow this year. However, this should not hide a very entrenched reality: poverty is not new and tends to persist over very long periods of time, driven by unacceptable levels of inequality.
My new report on the persistence of poverty shows how children born in poor families have less access to healthcare, decent housing, quality education and employment than those in better-off households, which triggers the vicious cycles of poverty. As a result, in OECD countries, it takes four to five generations for children in low-income households to reach the mean income in their country, while in emerging countries such as Brazil, Colombia or South Africa the same would take up to nine or even more generations.
But ending the vicious cycles of poverty is within reach. Investing in early childhood, promoting inclusive education, giving young adults a basic income financed through inheritance taxes, and combating anti-poor discrimination are the key ingredients needed to break the cycles of advantage and disadvantage.

Olivier De Schutter
UN Special Rapporteur on extreme poverty and human rights
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Version française
La persistance des inégalités condamne les personnes en situation de pauvreté pour des générations
Suite à la pandémie de Covid-19, 115 millions de personnes ont basculé dans l’extrême pauvreté en 2020, et celle-ci devrait toucher quelque 35 millions de personnes supplémentaires cette année. Ces chiffres alarmants ne doivent pourtant pas cacher une réalité tenace: la pauvreté n’est pas un phénomène nouveau, et elle a tendance à persister sur une très longue durée et puise ses racines dans les inégalités.
Mon nouveau rapport sur la persistance de la pauvreté montre comment les enfants nés dans des familles défavorisées accèdent moins facilement que les plus nantis aux services de santé, à un logement adéquat, à un enseignement de qualité, ou à un emploi décent. Ceci les entraîne dans le cercle vicieux de la pauvreté.
Ainsi, dans les pays de l’OCDE, il faut en moyenne de quatre à cinq générations à un enfant né dans une famille défavorisée pour atteindre le niveau de revenu moyen de son propre pays. Dans les pays émergents comme le Brésil, la Colombie ou l’Afrique du Sud, il faudrait au moins neuf générations pour sortir de la pauvreté.
Pourtant, ce cercle vicieux peut être brisé. Investir dans la petite enfance, promouvoir l’enseignement inclusif, garantir un revenu universel pour les jeunes financé par un impôt sur les successions et combattre les discriminations anti-pauvres : tout cela peut contribuer à mettre fin à la persistance de la pauvreté et des privilèges.
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Suivez la présentation de mon rapport en direct à l’Assemblée Générale des Nations unies le 20 octobre (à 16h CET) : en ligne ici
- Lisez la version simplifiée du rapport ici
- Rejoignez-nous aujourd’hui pour célébrer la Journée internationale du refus de la misère - le 15 octobre à 4h CET – inscrivez-vous ici : http://bit.ly/UNIDEP2021
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Regardez notre nouveau film sur la discrimination « Ne dis pas d’où tu viens » et partagez-le ici
Des militants d’ATD Quart Monde s’expriment et dialoguent avec le Rapporteur spécial.
Olivier De Schutter
Rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’homme et l’extrême pauvreté
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